3 mai 2013

Le gâchis des encombrants et des déchetteries

Régulièrement, des gens vident leur grenier, débarrassent la maison d'une grand-mère décédée, ou jettent les archives d'un ancien commerce. Tout se retrouve en déchetterie, puis vendu au poids du métal ou du vieux papier, recyclé pour faire des tubes, des prospectus publicitaires ou des copeaux de bois. Quel gâchis !

Pour les personnes qui les ont jetés, c'est un manque à gagner. Pour l'histoire locale, ce sont des informations inédites qui disparaissent sans faire de bruit.
Récemment, ce sont toutes les archives d'un très ancien garage d'Evreux qui sont parties en fumée.
Pour les communes gérant les déchetteries, cela représente quelques centaines de kilos de vieux papiers, de métaux non précieux et de bois vermoulu dont elles tirent une somme ridicule. Ridicule est d'ailleurs le mot qui s'applique à ce système incohérent de surconsommation et de surdestruction.

Il y a bien quelques "récupérateurs" qui font la tournée des encombrants. Mais, pour quelques dizaines d'objets et de documents sauvés, combien de milliers finissent à la benne ? C'est notamment le cas en déchetterie où toute récupération est formellement interdite.

Je comprends que les communes fassent la chasse aux voleurs qui pillent les conteneurs de métaux, entraînant des milliers d'euros de manque à gagner. Mais, à l'inverse, dans beaucoup de domaines, c'est une absence totale de valorisation. A une époque où l'on encourage la valorisation des déchets, c'est un comble, une aberration. Une injure au bon sens.

Certes, il faut tenir compte de la volonté des propriétaires des objets qui décident de détruire ceux-ci. Mais on pourrait faire la différence entre objets/ documents personnels et ceux qui n'ont pas ce caractère.

Deux pistes de valorisation :
- le don aux services de conservation (musées, archives, bibliothèques...) des documents ayant une valeur historique ou culturelle (le cas échéant avec l'accord des propriétaires) ;
- la vente au profit d'associations locales des objets dénués de caractère personnel mais ayant une certaine valeur marchande.
Tout cela pouvant se faire sous contrôle. En faisant remplir un formulaire de destruction/ recyclage aux propriétaires, par exemple.

Dans la situation actuelle, tout le monde est perdant : propriétaires, communes, musées, associations et mémoire locale.
Une valorisation intelligente pourrait mettre fin à ce gâchis.

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